Brésil: Cailloux & Compagnie

J7 – Paraty

Paraty

En route pour une nouvelle étape

6h… Comme je l’avais prévu, réveil difficile… Réglés comme des horloges, ils commencent déjà à se taper dessus, en silence… 6h01, ça y est, je suis énervé, ils ont gagné! Je me lève, prêt à bondir bourdonner le coup de grâce, et respire un grand coup!

« Allez debout, on va faire les sacs, ça nous occupera! » (enfin, ça m’occupe).

JE fais les sacs…

A 6 heures du matin, le réveil de l’île reste spectaculaire. Petit à petit, les couleurs s’éveille, l’hôtel et le village prennent vie.

Pendant que je termine d’écrire ma journée, les enfants trouvent un moyen de se rattraper pour le réveil!

Mouais, comment se racheter facilement! Ca marche à tous les coups!

Arrive enfin l’heure du petit déjeuner: Marine se gave de mangues, et Paolo de pain. Comme depuis 3 jours contrairement aux 30 dernières années de ma vie, je prends un petit déjeuner !

Paolo en profite pour discuter avec nos hôtes, et en profite pour demander la recette du jus de cacao: mettre la chair (l’intérieur d’une graine de cacao) dans un mixeur, ajouter de l’eau, du lait et du sucre, mixer et le tour est joué!

Graine de cacao (un peu vieille)

9hh30,, il est temps de quitter la pousada. Je remercié nos hôtes (Laurent et Sébastien, en charge de la Pousada Naturalia que je recommande chaudement) nous ont vraiment traités avec soin: bons conseils pour les promenades, indications de bons restaurants, boulangerie, supermarchés, le tout abordables, et un sens de l’accueil très développé. Encore merci à eux!

J’embarque mon gros sac à dos, mon petit sac à dos, le sac de Paolo, et Marine prend son sac, dans laquelle on pourrait la mettre toute entière!

Paolo suit tranquillement, avec son petit sac!

En route mauvaise troupe!

10h, embarquement sur le bateau pour retourner à Angra dos Reis. D’entrée de jeu, les enfants me réclament d’aller à ‘avant du bateau pour faire les montagnes russes. Vu le grand soleil, je les tartine de crème, avant le départ (re-buerk!).

Cette fois-ci, la mer semble sage, et le bateau ne saute pas vraiment, au grand regret des enfants. De plus, le grand noir qui avait un rire digne d’un film n’était pas présent non plus. Un dernier « au revoir » à l’île, et le pilote met les gaz.

Ile de beauté

La vue est magnifique! J’alterne entre les prises de vues de l’île, du continent et des enfants… Tout est beau à regarder!

Nous en profitons pour faire une petite halte en un autre point de l’île, afin de récupérer quelques passager supplémentaires. La plage, minuscule, semble être un coin de paradis, loin du monde et du tourisme (enfin, on est en hiver donc il n’y a personne).

La fin de la traversée se déroule tranquillement, et les enfants, bercés par les vagues, montrent déjà des signes de fatigue…

Nous arrivons à Angra dos Reis, notre point de départ d’il y a trois jours. Je me dirige vers les stations de bus, Un chauffeur, avec une pancarte à mon nom nous attend…

Le bus est vide, et nous faisons la route, étant seuls passagers. Quel confort! 15 minutes après le départ, l’excitation des enfants baisse et tous deux s’endorment… Eh oui, je pense que le réveil de demain sera tout aussi tumultueux!

1h30 plus tard, nous arrivons à la Pousada Talisma. Une personne nous accueille, mais ne semble pas être au courant de notre venue. Un coup de fil plus tard, nous voici installé dans notre chambre.


A la découverte de Paraty

Bienvenue à la Pousada Talisma. Ouverte sur la rue, la Pousada Talisma est grande et semble très accueillante.

Nous déposons nos sacs, et repartons illico pour aller déjeuner en ville, guide du routard en main: un petit café est recommandé. Après une petite errance dans les rue pavées (enfin, il y plutôt un gars qui s’est dit tien: si on mettait des pierres par terre, pas besoin de les enfoncer!) nous arrivons au café.

Si vous savez correctement planter des pavés, ici, vous aurez toujours du travail!

Zut, il est fermé. Nous allons donc un peu plus loin dans un deuxième point lui aussi recommandé dans le routard. Ah, ben il a été remplacé par un autre café, depuis 5 ans (le guide du routard que j’ai date de 2016)… Bon, range tranquillement le routard dans une poubelle (mais non), et on entre dans ce nouveau café, « typiquement brésilien », où on y sert hamburgers et frites, et où trône une lumière Budweiser au dessus du bar…

Les enfant sont ravis d’avoir un peu de junk food, accompagnée de jus de fruits naturels (comme d’habitude: Maracuja (fruits de la passion) pour les enfants, et Abacaxi hortela (ananas menthe) pour moi. Les fruits sont mixés sur place, c’est un régal!

La junk food, ça marche aux 4 coins du monde!

Il est 14h, je propose un planning aux enfants: 3 visites d’églises, on monte au Fort de Paraty, on va se changer puis on va à la plage. Plan accepté et validé par toutes les parties.

Nous commençons notre visite par l’Ingreja Matriz de Nossa Senhora dos Remédios, initialement réservée aux bourgeois de Paraty.

Ingreja Matriz de Nossa Senhora dos Remédios

Du temps des transferts d’or du Minas Gerais vers l’Europe, Parâty était la porte maritime du transport. La bateaux venaient chargés de pierres pour lester les cales, pierres qui ont été utilisées pour paver les rues. Les bateaux partaient en retour chargés d’or. La société était donc divisée en plusieurs niveaux: les aristocrates, les bourgeois, les mulâtres et les esclaves. Et bien que tous soient égaux devant Dieu, ils ne priaient pas ensemble.

Nous partons ensuite en direction du Forte de Paraty, point duquel nous aurons un joli panorama sur la baie. La route vers le fort, en haut de la colline, nous offre des richesses visuelles que je vous partage ci dessous.

Paraty est vraiment belle

Enfin, nous arrivons au fort. Cela ressemble plutôt à une grosse bicoque, qu’un fort… Mais le panorama est splendide, et le jardin magique, emplis de palmiers.

Oui, pour ceux qui se le demandent, il y a bien un panneau danger! Mais comme vous le savez je suis fou, et j’entraîne les enfants dans ma folie! Par contre, pourquoi les huîtres provoquent des risques de chutes, je n’ai pas compris… (Peut-être qu’en arrivant par derrière, elles peuvent vous surprendre et vous pousser… Bref, ça reste un mystère pour moi)

Nous redescendons ensuite vers la ville, longeant la côte. Ici, tout est beau (comme dans le reste du Brésil remarque): les rues pavées, les maisons, les bateaux, la côte, la plage…

Nous passons ensuite devant une seconde église, Nossa Senhora Das Dores réservée à l’aristocratiie. Celle-ci est fermée, et ne pouvons donc pas la visiter.

Nossa Senhora Das Dores

En poussant un peu plus loin, nous tombons sur des rues du centre qui sont inondées. Apparemment, il est régulier que la ville soit complètement inondée. Des petits ponts permettent alors aux badauds de circuler (comme à Venise lors des inondations).

La troisième et dernière église de la journée, Santa Rita est ouverte! C’était l’église de mulâtres des « années d’or » de Paraty. Des gardes armés nous préviennent qu’il est absolument interdit de prendre des photos à l’intérieur… C’est l’église des esclaves, ayant notamment des statues noires. L’intérieur est d’un blanc immaculé, et tout ce qui n’est pas blanc est doré. La beauté des sculptures est déplus mise en avant à l’aide de parement de velours bordeaux et dorés, contrastant fortement avec le blanc.

De retour dans la ville, je me replonge dans la beauté du folklore local. Chaque ruelle est magnifique, présentant un contraste entre le sol pavé et les murs blancs et les portes et volet colorés. A cela viennent s’ajouter des guirlandes de couleurs, une fête doit être en préparation.

Il est 16h, on rentre vite se changer et on repart pour la plage, car le soleil a déjà commencé sa descente, à 18h il fait nuit noire. J’en profite pour demander l’accès à internet à la Pousada. On me répond gentiment qu’internet est “cassé”. En montant dans ma chambre, je tombe sur le modem. Tout s’explique!

En route vers la praia, avec mes deux petits brésiliens en longues qui sautent de pavé en pavé en tongues.

Complètement dans la culture locale!

Le soleil est bas, mais les enfants n’hésitent pas une seconde pour courir et sauter dans l’eau. Marine en profite même pour se faire une amie!

Au retour de la plage, nous devons traverser à nouveau la ville pour aller à la pousada. Paolo et Marine, bien que gelés et en serviette, ne peuvent s’empêcher de s’arrêter pour regarder les babioles à vendre.

Ca aurait fait un super mobile dans la chambre du Guili, mais j’ai eu trop peur que ça se casse dans mon sac…

Arrivé à la pousada, nous prenons une douche, et faisons une pause: brossage e cheveux, lecture, résumé de la journée par écrit, cascades en petites voitures… Un homme se présente à moi, et me dit qu’il s’appelle « Si », et qu’il sera notre guide pour aller à Ponta Negra demain. Il ne parle ni français, ni anglais, mais j’arrive à cerner quelques mots en portugais: je dois préparer les petits sacs, les gros sacs resteront ici, il passe nous prendre à 9h10, les bus étant à 9h30. Nous allons marcher 2h, il me demande si Paolo va tenir (et je lui réponds que oui), et il me demande comment je m’appelle. Au final, je commence avoir pas mal de vocabulaire, et mon oreille se fait bien à la langue! Nous allons dormir deux nuits à Ponta Negra, et nous irons passer une journée à Saco de Mamangua… On va voir comment ça va se passer!


Le dîner surprise

Nous sortons dîner vers 19h, en direction du centre ville. Les chevilles bien tordues par les pavés, seule Marine préfère rester en havaianas pour aller au resto. Nous passons devant diverses façades, mais Paolo n’en démord pas, il veut retourner manger un hamburger! Hors de question (ni pour Marine, ni pour moi), j’arrive donc à le convaincre d’aller manger une crêpe (oui, je sais, peut faire mieux comme cuisine brésilienne…). Ce n’est pas évident de les faire goûter au divers mets qui nous sont servis, surtout quand on ne sait pas ce que c’est!

Devant l’ardoise en façade du restaurant, une musique m’attire l’oreille au bout de la rue. Nous entendons une fanfare. Les enfants me pressent pour se rapprocher. Nous retombons sur l’église Santa Rita, qui est à la fête. Les portes latérales sont ouvertes, et nous assistons alors à une procession en musique (magnifique, qui bouge, qui donne envie de prier!), me laissant la possibilité de prendre quelques clichés (le garde avait le dos tourné).

De retour au restaurant, le Oui Paraty, nous sommes servis par une charmante serveuse brésilienne qui parle très bien français (et qui a un très joli accent). Les enfants sont séduits, et lui racontent déjà toute notre vie! Nous voici donc à déguster des galettes bretonnes. Enfin presque: si les enfants ont opté pour un plat plutôt traditionnel (galette œuf jambon, fromage, jus d’orange ou de raisin), je me suis laissé tenter par une galette Bahia-France: galette bretonne à l’Acarajé et aux crevettes séchées, plat typique de Salvador de Bahia (l’Acarajé, pas les galettes) et un jus d’hibiscus.

Les enfants n’en terminent pas leur assiette, et nous rentrons nous coucher à l’hôtel, dans une configuration légèrement différente. On va voir ce que ça va donner.

Mon lit est toujours trop petit!

Les enfants se sont endormis à 20h30 tapantes, lumière allumée, au rythme des tambours, fanfares et pétards qui pétaradent dans la rue. Il doit y avoir un évènement, toute la ville résonne au son de différentes musiques et chants, mais je ne peux laisser tempête et tornade sans surveillance. La musique me berce tandis que j’écris ces lignes…

Boa noite!